Au cœur de Nakivale
Nakivale Refugee Settlement, Ouganda
Par Rosemarie Desmarais, 1er décembre 2025
Il y a environ un an, je suis tombée sur un projet d’enseignement du yoga dans un camp de réfugiés en Ouganda. Ça m’a beaucoup inspirée et j’ai eu envie de contribuer. Je suis entrée en contact avec Musa, le leader de la Nakujali Foundation. Il m’a expliqué qu’ils avaient déjà une partenaire qui supporte les cours de yoga, mais qu’ils aimeraient développer d’autres programmes avec moi.
C’est alors que j’ai eu l’idée d’offrir un workshop sur la durabilité (sustainability) et la régénération; le coeur de mon travail et mes recherches. J’ai pensé au Oxford International Curriculum for Sustainability que nous (le Cloud Institute for Sustainability Education) venons de publier avec Oxford University Press. J’ai offert à Musa de venir former des éducateurs.ices à l’enseigner. Musa était très enthousiaste à l’idée.
À partir de ce moment, j’ai planifié des cours de yoga à contribution volontaire pour amasser des fonds et quand j’ai eu assez de sous, j’ai acheté mon billet d’avion. J’ai organisé une récolte d’objets pour remplir des valises d’objets à leur laisser et j’ai travaillé fort pour me faire sponsoriser par Oxford University Press et envoyer plusieurs dizaines de livres de la série en question. J’ai passé de très longues heures à obtenir la permission d’entrer dans le camp de réfugiés. C’était beaucoup de planification, mais jamais je n’ai pas dérogé. Une force puissante me guidait vers ce lieu et ces gens.
Samedi 25 octobre
J’arrive à l’aéroport d’Entebbe après plus de 24 heures de vol durant lesquelles j’ai à peine fermé l’oeil. Je suis nerveuse, what if personne ne vient me chercher?
Je suis bien heureuse d’appercevoir Musa exactement là où il m’a dit qu’il serait. Il existe pour vrai ! Il est accompagné d’Aksanti, le co-fondateur de la Nakujali Foundation et de Jado, notre chauffeur. C’est parti pour 8 heures de route direction Nakivale.
Dimanche 26 octobre
On s’est réveillés à 9 h et on a pris le petit déjeuner à l’hôtel où on s’était arrêtés la veille, sur la route. Nous sommes à quelques heures de Nakivale. Au menu : du matoke, qu’on m’explique être le repas classique de l’Ouganda — des bananes plantain dans une sauce brune. C’est très bon.
On m’amène ensuite dans un autre hôtel un peu random, le Las Vegas. Un oasis au milieu d’une ville chaotique. On est là pour se rafraîchir à la piscine et discuter du plan de match pour les prochaines semaines.
Un gros horaire nous attend : plusieurs workshops chaque jour, des cours de yoga aussi. Je ne comprends pas tout, mais l’expérience me dit de surrender. La vie est différente ici et je ne dois pas trop me stresser avec l’horaire. Un jour à la fois, voilà ma tactique. Je passe aussi un long moment à nager dans la piscine. J’ai même donné des cours de natation. On mange de la pizza pendant un gros orage, on joue au Fish Game, puis on reprend la route direction Nakivale.
On arrive au camp en fin d’après-midi. Depuis notre départ de l’aéroport, on a suivi une longue route sinueuse où les activités humaines ne cessent jamais vraiment. On sait qu’on entre dans Nakivale lorsqu’on traverse une gate et que les routes deviennent des chemins de terre. Les gardes ne semblent pas préoccupés par ma présence. Ils connaissent bien Jado. Dès notre entrée, je remarque que les activités humaines cessent brusquement. Nous sommes maintenant dans la savane.
La route continue encore longtemps. On se fait brasser pendant près d’une heure. Il y a des lacs, des arbres magnifiques, de l’herbe haute, et même quelques crested crown birds, l’animal emblématique de l’Ouganda. On écoute la même chanson en boucle, Tombé par Element, une jeune star locale. C’est bon. Des maisons de terre cuite défilent, souvent regroupées en petits attroupements. Il y a des gens aussi : plusieurs à pied, certains à vélo, et des enfants. Je me sens fébrile. Ça y est. J’y suis.
Le soleil commence à se coucher lorsque nous faisons notre premier arrêt à l’école secondaire. Nous sommes là pour venir chercher des filles membres de notre équipe. Je rencontre Juliette, Sheila et Melissa. Elles ont toutes environ 20 ans. Nous sommes gênées, elles et moi, mais heureuses de nous rencontrer.
On va manger tous ensemble au restaurant. J’apprends que c’est ici que nous prendrons nos trois repas par jour, tous les jours. On me sert plein de choses bizarres, mais mangeables : du riz blanc avec une sauce aux noix d’une couleur rose saumon. Je vois des rats passer dans le garde-manger. Ils cuisinent avec d’énormes marmites sur des feux de bois. Où me suis-je téléportée ?
On s’en va ensuite à ma guesthouse. Elle n’est pas bien loin, mais on se déplace toujours en voiture.Je choisis ma chambre et je finis par comprendre que Ben et Aksanti vont dormir dans la chambre d’à côté et que c’est moi qui paye pour cela. Je suis contente et défiante à la fois. Je n’aime pas que ça arrive en surprise. J’ouvre mes valises et leur dévoile les trésors rapportés de l’Occident. Je leur ai amené pleins de vieux téléphones et gogosses technologiques, qu’ils se séparent joyeusement. J’ai aussi énormément de vêtements et de livres. On passe un beau moment puis je dois aller me reposer. Demain je donne mon premier workshop.
Aujourd’hui, j’ai vécu toutes les émotions.
La joie d’être arrivée au camp.
La timidité devant tous ces gens curieux de ma présence.
La dévastation face à la pauvreté.
Le scepticisme envers mon budget et la gestion financière de Ben.
La peur de ne pas être aimée.
L’angoisse de tomber malade.
Et la plénitude de me savoir en train de vivre quelque chose de grand.
Lundi 27 octobre
Le réveil est un peu brutal, j’ai eu un peu de mal à m’endormir et je dois m’adapter à un système de toilettes différent de mes habitudes. Les robinets du lavabo et de la douche ne fonctionnnent pas dans ma chambre, j’utilise un sceau. Je dois traverser la cours pour atteindre la toilette, qu’il faut plutôt qualifier de trou qui pue avec une porte qui ferme mal et une noirceur terrifiante. Ça va aller tough, je dois juste m’adapter.
À 9h toute l’équipe se rejoint au resto et on se fait servir des chapatis et du thé ou du lait chaud. Je capote un peu parce que tous mes amis ne font que regarder Tiktok sur leur cell. Mon chapati est bon, mais je remercie le ciel de m’être apportée des barres protéinés et de l’ensure.
Direction Light School. On rencontre le directeur et quelques secondes plus tard je me présente dans une classe d’environ soixante enfants surexcités. C’est un peu random, je ne comprend souvent pas ce qui se passe. Là il faut aller dans le parc pour installer l’équipement de yoga. Les enfants de l’école viendront nous y rejoindre.
Comme de fait, on voit une marée d’enfants sortir des murs de l’école et se diriger vers nous. Il y en a plusieurs dizaines. Quelques chanceuses ont droit à un tapis de yoga, tous les autres s’entassent sur des bâches. Ça fonctionne quand même. Juliette et moi nous partageons l’enseignement du cours et tout le monde a beaucoup de plaisir. Ils sont très curieux de moi.
Toute notre brigade se dirige vers Ruhoko, après un repas plus nourissant au resto. Le village de Ruhoko est extrêmement pauvre. Toutes les maisons sont en terre cuite et les gens vivent avec quasiment rien. Il y a des dizaines et des dizaines d’enfants qui acourent vers notre voiture alors qu’on approche le centre du village. Ils sont tous surpris de me voir lorsque la porte ouvre. Quelques minutes plus tard les mamans et papas nous ont rejoint, les baches sont installées par terre et Aksanti et moi expliquons mon but de leur offrir des workshops et les règles du Fish Game.
Je parle en anglais et Aksanti traduit en swahili. Ça fonctionne même si c’est la cacophonie avec tous les enfants qui crient et les bébés qui pleurent. Je vais devoir m’adapter à donner des workshops à de très grands groupes, à l’extérieur et sans aucune ressource. On réussit quand même à avoir une belle conversation sur les mental models et on lance l’invitation à se joindre à nous plusieurs fois dans les prochaines semaines. L’activité se termine par une distribution de petits biscuits secs et de bouteille d’eau suivie d’une longue séance de danse. Thé, chapati et c’est réussi pour cette première journée d’activités !
Dimanche 9 novembre
Plusieurs jours de passé déjà, nous voila presqu'à la moitié. Nos journées sont pas mal tous orchestrées de la même manière, sauf les dimanches, comme aujourd’hui, où nous sommes en congé. Toute la semaine, nous avons commencé nos journées au restaurant puis ensuite visité une école pour offrir un cour de yoga, puis le lunch, une activité dans un village, un workshop d’équipe et un chapati au resto pour finir la journée.
On a fait pleins d’activités dans différents village, c’est vraiment chouette !
J’avoue que dans les premiers jours j’étais vraiment inquiète que nos activités soient trop déconnectés de leur réalité et des besoins vitaux, mais au final ils sont tellement reconaissants d’avoir l’opportunité de se réunir ensemble et d’apprendre quelque chose de nouveaux. Au courant des derniers jours, nous avons vu la communauté s’unir, parler d’amour et de collaboration, d’interdépendance et de résilience.
Quand on arrive dans un village, les enfants nous voient venir de loin et se mettent à courir dans notre direction. Ils me saute dessus dès que la porte ouvre. Puis on leur dit d’aller chercher leur maman et dix minutes plus tard on voit arriver plusieurs dizaines d’adultes. C’est hyper spontané, mais ici ça fonctionne. Il y a quelque chose de très organique dans leur organisation sociale.
On visite pleins de villages pour donner des ateliers. Il y a toujours des pérépéties. De la pluie. De la danse. Des mamans et des bébés. Des rires et des pleurs. La cacophonie. La curiosité. La faim. Ça se passe relativement bien malgré tout. Je me dis que la plupart viennent surement juste pour les biscuits secs et les bouteilles d’eau que nous offrons à la fin, mais si on peut en transformer quelques un.es, ce sera déjà cela. Je vois que ça fonctionne.
On occupe les enfants avec des coloriages que j’ai apporté et de la danse. Ils partagent un coloriage et un crayon pour environ six enfants. Ils sont extrêmement gentils, purs et authentiques.
Nous avons passé d’excellents moments à Ruhoko, où nous avons offerts plusieurs ateliers sur le systems thinking et le systems mapping. Nous avons fait des jeux de rôle pour explorer différentes perspectives.
On a aussi donné des ateliers à des jeunes leaders au Raise Chess Acacemy, une autre non-profit qui fait jouer les enfants aux échecs. On a toujours des problèmes d’électricité là-bas et la génératrice m’oblige à crier vraiment fort, c’est quand même très désagréable, mais tous les enfants sont des prodiges et saisissent rapidement. Leur école est mignonne, mais tellement en bordel. Ils me font capoter. Il n’y a pas de système de déchêts ici, comme partout ailleurs dans Nakivale. Alors on jette tout par terre.
On a aussi donné pleins de cours de yoga à plusieurs centaines d’enfants dans différentes écoles. Ils adorent venir pratiquer. Ils arrivent par dizaines tous les jours. C’est un peu cacophonique, mais la plupart du temps on finit par faire une belle longue pratique. À la fin les jeunes sont calmes, les yeux fermés. Ils peuvent rester longtemps en position de méditation. Ils aiment beaucoup prendre de longues respirations.
Ils ne veulent jamais arrêté quand il pleut. Un matin il a tellement plu, on était détrempés, mais les enfants n’ont pas voulu retourner à l’école. Ils sont tous restés là à attendre que ça passe. Ils ont beaucoup rit et se sont chamaillé. On a finit par reprendre sur des tapis imbibés sur un sol de bouette. Ils ont médité. Ils m’inspirent. Le bonheur est un état d’esprit.
On a fait plusieurs distributions de livres et de matériel scolaire que j’avais apporté dans les classes. Les cahiers Canada se font aller. À chaque fois que j’entre dans une classe je dois cacher mon désarroi. Le nombre d’enfants par classe est ahurissant et leur excitation trépidante.
Tous les jours je stress avec le budget et l’argent. Je réalise que c’est une des choses que je trouve le plus difficile à gérer seule. J’ai l’impression d’être cheap parce que je ne peux pas donner à l’infini et que je dois parfois dire non. J’ai fait un transfert international la semaine passée qui est genre perdu dans l’univers. On doit faire beaucoup trop d’efforts pour comprendre où l’argent est et pourquoi Ben ne la reçoit pas.
Ça fait du bien un jour de repos. Je commence à être vraiment fatiguée. Je dors peu et mal. Les soirs, je dois préparer mes ateliers du lendemain, travailler quelques heures pour le Cloud Institute et avancer mon cours sur la régénération.
Aujourd’hui, c’est journée vacance. Ma suggestion d’aller marcher en forêt et voir une chute n’a pas passée auprès de mon équipe. Ce qu’ils veulent, c’est sortir du camp et aller en ville dans un hotel pour profiter de la piscine. On est de retour au Las Vegas. Ça me gosse un peu parce que c’est moi qui doit payer tout encore et ils savent que mon budget est très serré, mais en même temps je vois bien toute l’excitation que ça procure. Moi aussi ça me fait un grand bien de passer la journée à la piscine. Je viens de nager plusieurs heures. J’ai fait des petites lessons de nage à mes amies et j’ai fait plusieurs longueurs moi-même. J’ai aussi pratiqué les plongeons avec Aksanti, qui apprend rapidement.
Là on vient de vivre un moment très intense. Element, le chanteur de Tombé, LA toune, s’est pointé autour de notre piscine pour prendre un verre avec des amis. Les filles étaient hystériques. Melissa a failli perdre connaissance. J’ai pris des photos d’elles avec lui qui fait son attitude de yo.
Je suis très attachée aux membres de mon équipe. Ils ont conquis mon coeurs.
Ben est un bon leader, il est calme et il gère son projet avec sérieux et discipline. Il est à l’écoute et toujours disponible. Aksanti a une grande profondeur d’âme. C’est un philosophe et un grand artiste. Il s’exprime très bien et ses idées sont profondes.
Melissa et Bella sont deux soeurs. Melissa, la plus vieille est très très belle et elle est assez timide. Elle s’ouvre à moi doucement. Je viens d’apprendre qu’elle a un copain qui vit au Canada. Sa soeur Bella a à peine dix-huit ans et elle a l’esprit très vif. C’est la plus studieuse et intellectuelle du groupe. Elle souhaite devenir ingénieure et elle a écrit un livre sur l’histoire de la famille qui a dû quitter le Burundi lorsqu’elle était enfant. Ça m’a beaucoup touché. Ils ont tous une histoire de déracinement qui fait hérisser le poil.
Juliette est très mignonne aussi et un peu cachotière. J’aime quand elle me raconte ses secrets. Elle aime la mode et est toujours habillée parfaitement. Son sourire est magnifique. Elle aime conduire une moto, c’est la seule fille que j’ai vu conduire. Elle semble cacher une profonde tristesse. Je sens en elle une quête inachevée.
Sheila parle et rie très fort, c’est la moins timide. Elle est toujours celle qui danse avec les enfants pendant des heures et qui crie pour expliquer des choses à de grands groupes. Elle a bon caractère et elle est facile d’approche.
Tatianna est plus réservée. Elle est congolaise et elle aime me parler français. Elle aime beaucoup sa famille et faire des vidéos tiktoks. J’ai même participé à quelques unes de ses danses tiktok.
Je suis même attachée à Jado, le chauffeur, qui a un rire très contagieux. Il parle toujours très fort et il a une petite attitude non-chalente-protectrice.
Ils sont tous très lents. Alors que je suis toujours la plus lente en occident, c’est moi la plus rapide ici.
Lundi 17 novembre
En ce moment, je me sens fachée. Je suis tannée d’être ici. Ce matin, à Juru, on a tout donné pour offrir un atelier sur le systems thinking, mais les gens se crissaient totalement du contenu. Tout le monde pensait seulement aux fuckings petits secs, même pas bons. On s’est même fait chialer parce qu’on offrait juste de l’eau et pas du Coca-Cola.
J’ai l’impression que mon équipe se crisse de la sustainability. Je viens d’être honnête avec Ben. Je pense que c’est important de bien communiquer. Je suis déçue de ne pas sentir plus d’intérêt de sa part pour la sustainability et la régénération. Il est le leader : s’il s’en fout, tout le monde s’en fout. Je voulais aussi qu’il sache que je n’aime pas la façon dont l’argent est géré. C’est tout croche et ça me rend anxieuse.
Je me sens comme une vache à lait. On se crisse du contenu que je suis venue partager. On veut juste que je paye. Tout. Tout le temps. À tout le monde.
Je ne suis pas malade et j’en suis très reconaissante. Rien à signaler niveau santé. Par contre je ne suis plus capable de la bouffe. On mange des chapatis tous les matins et soirs et le midi on a toujours les mêmes quelques choix. Je me répète souvent que cela est temporaire pour moi, mais une réalité quotidienne pour la communaué ici. Ce n’est rien que de ne pas manger des repas excitants pendant quelques jours.
Jeudi 20 novembre
Magnifique journée aujourd’hui. Ça a commencé comme toutes les autres avec un chapati et du lait chaud. Puis, c’est moi qui ai conduit pour se rendre au lac. Il y avait toute l’équipe d’entassée dans la mini van et tout le monde était très excité que ce soit moi qui conduise. La lac est magnifique, ça a fait plaisir d’être en pleine nature. On a fait notre formation d’équipe quotidienne et on a discuté des biens communs, du fait que nous en dépendons tous et en sommes tous responsables. On a eu de belles conversations sur pourquoi ils ne prennent pas mieux soins de leurs espaces communs et comment ils pourraient faire mieux. Ils prennent conscience de leur rôle d’acteur du changement.
J’ai conduit pour rentrer. On a écouté du Element dans le tapis puis on a été mangé et on m’a servi du poulet pour la première fois ! Miam j’avais faim.
En après-midi on est retournés à Ruhoko pour notre 6e workshop. Ils sont incroyables, je m’attache beaucoup à cette communauté. On a dansé puis parlé de la régénération; de l’importance de prendre soin de soi et des autres. Ils se sont fait des massages entre eux puis on a fait une pièce de théâtre, une pyramide humaine et un cercle de gratitude. Ça vaut tout l’or du monde.
Je sens des anges qui m’accompagnent et me protègent.
Dimanche 23 novembre
Me voici sur le chemin du retour, le coeur rempli d’émotions. Ces dernières semaines au Nakivale Refugee Settlement ont été profondément marquantes, et je sais que je continuerai à réfléchir et à apprendre de cette expérience dans les mois et années à venir.
C’est un endroit vraiment spécial, Ce n’est pas la maison pour beaucoup, mais la moyenne des gens vont y vivre vingt ans. C’est une communauté courte-pointe. Un racemodage de pleins de retailles qui finit par faire quelque chose de beau et original.
Ce que j’ai envie de dire maintenant, c’est que les gens du Nakivale Refugee Settlement sont des modèles. Ils cultivent la joie dans la peine; la communauté dans le déracinement; la fraternité dans la diversité; la plénitude dans la pauvreté. Ce sont les gens que j’ai rencontrés qui font le plus avec le moins.
C’est un honneur pour moi d’avoir pu partager ces moments avec eux. À travers les très nombreux workshops que nous avons réalisés dans différents villages et auprès de différentes organisations, nous avons semé des graines d’espoir et des visions du futur régénératrices et abondantes. Et ce n’est que le début, car j’ai aussi formé l’équipe de la Nakujali Foundation, composée de jeunes extrêmement brillants et dévoués à éduquer pour la régénération et la sustainability. Outillés du merveilleux Oxford Curriculum for Sustainability, je sais qu’ils accompliront de grandes choses.
Je suis aussi très fière d’avoir pu contribuer à soutenir les familles les plus démunies du camp en réalisant d’importantes distributions de sacs de farine de maïs, de sel, de vêtements, de collations et de bouteilles d’eau qui ont fait une différence énorme dans leur vie. Un énorme merci à tous ceux et celles qui ont fait des dons.
Finalement, je suis honorée d’avoir supporté le programme d’enseignement du yoga que les membres de la Nakujali Foundation mènent avec brio dans différentes écoles du camp. L’engouement des enfants pour la pratique du yoga et de la méditation est formidable. C’est une expérience que je ne suis pas près d’oublier.
Bien sûr, il y a eu plein de défis et l’émergence de nombreuses situations imprévues. Ce dont je suis le plus fière, c’est que nous nous soyons adaptés et que nous ayons réussi à réunir les communautés en cercle, à introduire de nouvelles idées, à rire, à danser, à apprendre ensemble et à ouvrir nos cœurs. Merci à tous les membres de l’équipe de la Nakujali Foundation. Vous êtes extraordinaires et rien ne peut vous arrêter. Je suis très reconnaissante de vous avoir comme amis.